Les fondamentaux pour aller vers l’improvisation vocale

Carte mondiale des circlesongs et de l’improvisation vocale Forums Improvisation vocale Les fondamentaux pour aller vers l’improvisation vocale

Étiqueté : 

  • Ce sujet contient 5 réponses, 6 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par Brettnox, le il y a 3 années et 3 mois.
Vous lisez 5 fils de discussion
  • Auteur
    Messages
    • #753
      Bernard Garat
      Participant

      Appel aux débats

      Quelles sont pour vous les fondamentaux pour aller vers l’improvisation vocale ?

    • #761
      Gael Aubrit
      Participant

      Hello Bernard et tout le monde,

      J’aime bien l’idée des débats sur le chant impro ! 😀

      Par contre j’avoue que je manque de clarté sur la question. Qu’entends-tu par « fondamentaux » ? En lisant ça au début j’ai cru que tu voulais dire les pré-requis, les compétences ou l’état d’esprit indispensables pour pouvoir improviser, mais ça m’étonnerait que ce soit ça que tu aies voulu dire, vu que dans ce cas il me semble qu’on serait presque tous d’accord pour répondre « aucun »… Donc à la réflexion il me semble comprendre que tu questionnes plutôt « quelles conditions (environnement, nombre de personnes, ambiance instaurée par le facilitateur/pédagogue, consignes et conseils éventuels, etc) encouragent les gens qui ne connaissent pas l’impro à se lancer ? »… est-ce que c’est ça ?

      Suggestion : et si tu répondais toi-même à la question pour nous donner un point d’appui ? Perso ça m’aiderait. 🙂

      Tout le meilleur, à bientôt !

    • #772
      Camille Pascal
      Participant

      Salut tout le monde,

      Merci pour la proposition de débat !

      Ta question m’évoque une série de souvenirs qui font référence à des conseils que j’ai reçus qui m’ont vraiment aider à me mettre à l’aise dans mes improvisations et elle me ramène aussi à des situations qui ont été propices au lâcher-prise.

      – Au sujet de la construction de circlesongs, un des premiers conseils que l’on m’a donné « ne pense pas ta boucle dans ta tête, chante et la boucle viendra ». Une révélation pour ma part. Cela ne m’est jamais arrivé de chanter spontanément sans trouver une boucle dans les 30 secondes de mon solo. C’est très rassurant pour moi de savoir qu’il n’est pas possible de rester sans inspiration, il suffit de chanter et l’inspiration est déjà là !

      – Un autre conseil qui m’a beaucoup apaisé : « ne cherche pas à faire compliqué ». Je me souviens qu’au début, je voulais systématiquement construire des improvisations hyper sophistiquées. Résultat : elles étaient souvent bancales et je ne prenais pas tellement plaisir à créer. Du jour où j’ai incorporé que deux notes suffisent à faire un joli point de départ, je me suis sentie pousser des ailes !

      – Une réflexion que j’ai envie d’aborder depuis longtemps. J’ai remarqué que systématiquement, en situation de concert, je lâche prise comme je ne lâche jamais prise lorsque je suis seulement entre amis. Je ne suis pas encore sûre de comprendre ce qu’il se passe chez moi pour que le fait d’être écoutée de l’extérieur ait un impact sur mon lâcher prise. Mon hypothèse du moment est que j’ai grandement envie de contribuer au plaisir des gens qui viennent nous écouter et que je m’efforce donc « d’assurer » et de leur offrir du spectacle. C’est un peu paradoxal avec un conseil que j’entends souvent « ne réfléchis pas à ce que les autres peuvent penser de ton apport dans l’improvisation, recentre-toi sur l’instant et sur ce qui te fait plaisir de chanter ». Ici on pourrait dire que mon conseil serait finalement de certes 1) penser à se faire plaisir mais 2) en prenant en compte certaines attentes des spectateurs pour effacer certaines peur de se lancer au profit de la joie que l’on ressent lorsque nos spectateurs apprécient nous écouter. Gros sujet de discussion…!

      – Il y a également certains repères qui m’ont aidée à me sentir bien dans mes impros: entre autres les notions de basse, de beatbox, de phrase principale, de phrase rythmique ou encore de timbres. Je les utilise dans les faits très rarement sur le moment de la création mais par contre cela m’a beaucoup aidé à écouter ce que les autres font et à m’en inspirer. Par exemple, j’ai remarqué que ce que j’adore dans les impros de Sam ce sont ses petites phrases assez rythmiques qui viennent appuyer ses phrases principales. Le fait d’avoir su préciser ce qui me plaît exactement dans les impros de Sam m’a aidé par la suite à introduire des phrases rythmiques alors que je ne le faisais auparavant pas.

      J’ai d’autres idées mais je laisse aux autres le soin de construire sur ces quelques réflexions !

      Camille

    • #782
      Bernard Garat
      Maître des clés

      Bonjour Camille, Gaël, et tous les autres,

      Oui, évidemment, le débat se situe sur le principe de faire l’improvisation vocale, mais de quelle improvisation vocale parle-t-on ?. Et comme tu me le demandes Gaël, peut-être la question serait plus claire, si j’y répondais.

      Je vais donc partir de ma définition de l’improvisation vocale, elle se définit dans un espace sécure où le déploiement vocal du chanteur ne va pas dépasser les limites de ce que peut faire son corps vocal et dans les limites de ce qu’il peut entendre en inter-agissant dans un processus collectif.

      Les fondamentaux dans ce type d’improvisation, se situe dans les sens de l’immédiateté, de l’instant, dans l’instant du corps, des corps vocaux. Donc être en accord avec l’organique vocale de soi est pour moi, le premier fondamental. Cet accord a besoin en permanence d’être réajusté. Être à l’écoute de son propre corps vocale, permet d’être en terrain sécure.

      Comment y arriver ? Le chemin est long, et cela peut se passer que par les expériences, qui vont amener une certitude. Que mon corps est doté d’une intelligence immédiate, et que je peux me remettre dans une confiance totale dans cette capacité. Je ne vais pas développer les moyens pour essayer d’atteindre cet objectif, juste citer quelques principes qui y contribuent : être dans les sens de notre corps, le non-jugement, le non-agir,… Être en sécurité dans sa voix est le premier fondement.

      Le second fondement découle du premier, c’est l’ouverture à l’écoute, de moi au collectif, du collectif à moi. La surdité prend ses racines dans l’inquiétude. Ne peut s’ouvrir une écoute que si la sécurité est là, celle venant du premier fondement. Peut alors apparaître l’idée de se déployer dans un corps vocal collectif sur lequel notre attention va pouvoir œuvrer. Cette attention, c’est ouvrir notre écoute à processus créatif dont nous faisons partis, que nous nourrissons et par lequel nous sommes nourrit.

      Peut-être pour mieux imager ces pensées, nous pourrions relier tout cela au niveau du lien. La première fondamentale, être dans un lien sécure avec sa propre voix. Le deuxième, être dans un lien collaboratif du processus collectif. Ou bien en terne de contenant ou de contour, la première fondamentale, bien connaître les contours de son être vocale. Le deuxième, contribuer à un contour plus grand que soit.

      J’espère que cela vous donne un plus de clarté sur la question.
      Au plaisir de vous lire
      Bien amicalement
      Bernard

    • #798
      Joëlle Driguez
      Participant

      Bonjour, c’est super de vous lire, merci pour ces questions, et ce partage.
      Ben moi, je me suis efforcée de me rendre claire, mais…. enfin, c’est vous qui direz… pour l’heure ça donne ça:
      Improviser c’est…
      … Avoir le goût du jeu, du risque, du partage et de l’éphémère!
      … Écouter les états, les élans du dedans, écouter les influences du dehors.
      … Écouter l’instant et lui donner une forme.
      … Modeler une matière, ici, vocale, selon sa propre perception.
      … Accepter de ne rien savoir à l’avance de la forme qui va émerger.
      Pour que ce modelage vocal « fasse musique », et pas seulement au hasard des « moments de grâce », la reconnaissance et l’acquisition d’un certain nombre d’outils sont indispensables, même si cela ne garantit ni la grâce ni les ratages!
      Ces outils, qu’on pourrait appeler « fondamentaux », sont constitués d’éléments de nature différente. Les plus importants se situent dans nos couches les plus profondes, ils sont si subtils qu’ils sont difficiles à cerner, et encore plus à décrire.
      C’est d’eux dont il s’agit quand on parle « d’écoute »_celle qui ouvre les champs de perception, la disponibilité à soi, à l’autre et à l’instant. Se familiariser avec eux par diverses entrées en matière, nous les rendent plus concrets, et plus ils sont concrets, plus nous devenons conscients qu’ils sont nos meilleurs alliés, nos meilleurs appuis, nous croyons en eux et de ce fait ils se déploient, ils « travaillent » pour nous, c’est grâce à eux qu’on peut juste se laisser traverser!
      Et puis il y a d’autres outils, moins nébuleux, beaucoup plus évident à la compréhension, mais pour autant pas si faciles à maitriser; le rythme et l’harmonie. On n’est plus tout à fait au même endroit, et pourtant il s’agit bien de les mettre à l’œuvre ensemble. Cette nécessité conduit à utiliser plusieurs sphères d’attention. Pour pouvoir les utiliser simultanément, il faut les malaxer séparément, c’est l’équivalent de faire ses gammes.
      Les fondamentaux:
      Liste non exhaustive et dans un ordre aléatoire (ou presque!) puisque dans l’idéal les éléments se brassent ensemble:
      Les indispensables:
      Le silence: l’origine/ l’imaginaire: le berceau/ Le corps: le garant!
      La relation d’ancrage à la terre/ La vague inspir-expir/ La détente/
      Le mouvement ou la posture en lien avec le geste vocal
      Les spécifiques:
      Le rythme: pressentir_sentir_consolider_utiliser_entendre comment se placer_ jouer!
      Onomatopées/ Pulse/ Formule rythmique/ Polyrythmie
      L’harmonie:
      pressentir_sentir_consolider_utiliser_entendre comment se placer_ jouer!
      Les voyelles/ Les timbres/ L’unisson/Les accords
      Le langage:
      raconter_inventer_construire_déconstruire_copier_déformer_ jouer!
      Les phonèmes
      La langue imaginaire; le son le sens le sens le son, phrasé parlé, phrasé mélodique
      La langue maternelle; le sens le son le son le sens, phrasé parlé, phrasé mélodique.
      Au plaisir d’autres échos!
      Joëlle

    • #3546
      Brettnox
      Invité

      wh0cd12851 buy abilify online

Vous lisez 5 fils de discussion
  • Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.